L'article traite de l'infection au MPOX, anciennement appelée variole du singe, une maladie rare causée par le virus Monkeypox. Il explique les modes de transmission, les symptômes, les mesures de prévention et les traitements disponibles. L'article souligne également l'importance de la vigilance sanitaire face à l'émergence de nouvelles souches plus virulentes.
L’infection au MPOX anciennement appelée variole du singe est une infection rare, causée par le virus de la variole du singe ou « virus Monkeypox = VMP », avec des symptômes très similaires à ceux de la variole, mais moins grave. Â
La variole du singe a été découverte pour la première fois en 1958 lorsque deux épidémies d’une maladie semblable à la variole se sont produites dans des colonies de singes gardés pour la recherche, d’où le nom de « variole du singe ». Â
Le premier cas humain de variole du singe a été enregistré en 1970 en République démocratique du Congo au cours d’une période d’intensification des efforts pour éliminer la variole. Â
Hors d’Afrique, de rares cas liés à des voyages internationaux ou à des animaux importés aux USA, Israël, Singapour, Royaume-Uni ont été rapportés. Â
Depuis quelques mois, on note une émergence de nouveaux cas dus à une nouvelle souche plus mortelle et plus transmissible en RDC, au Burundi, Kenya, Rwanda et Ouganda. Â
Un total de 38 465 cas a été recensé dans 16 pays africains depuis Janvier 2022, pour 1456 décès, avec une augmentation de 160% des cas en 2024 par rapport à l’année précédente, selon les données publiées par l’agence de santé africaine (Africa CDC). Â
L’agence de santé africaine vient de la déclarer comme urgence de santé publique. Â
Au Bénin aucun cas confirmé n’a été déclaré ces derniers mois. Toutefois, le mode de transmission et la migration croissante des personnes et des animaux nous obligent à une veille sanitaire et à la mise en application de mesures spécifiques. Â
Comment se transmet le MPOX ? Â
- Le réservoir naturel de la variole du singe reste inconnu. Cependant, les rongeurs africains et les primates non humains (comme les singes) peuvent héberger le virus et infecter les gens. Â
- La transmission peut se faire par contact direct avec le virus à partir d’un animal ou d’un humain ou par contact indirect à travers du matériel contaminé par le virus. Â
- La transmission d’animal à humain peut se produire par : morsure ou égratignure, préparation de viande de brousse, contact direct avec des fluides corporels ou avec les lésions, contact indirect avec les lésions, par exemple par la litière contaminée. Â
- La transmission interhumaine se produit principalement par de grosses gouttelettes respiratoires : un contact prolongé en face à face est nécessaire. Â
- D’autres méthodes de transmission interhumaine comprennent : le contact direct avec des fluides corporels ou des lésions, le contact indirect avec le matériel de la lésion, par exemple par des vêtements ou des draps contaminés. Â
Quels sont les signes d’alerte ?Â
- Éruption cutanée Â
- Mal de gorge Â
- Maux de tête Â
- Courbatures Â
- Mal de dos Â
- Enflement des ganglions lymphatiques Â
Que faire pour ne pas être contaminé ? Â
- Avoir une bonne hygiène individuelle et collective. Â
- Éviter tout contact étroit avec des personnes infectées. Â
- Éviter de partager des objets personnels comme les serviettes, les ustensiles ou des vêtements. Â
- Portez un équipement de protection si vous prenez soin d’une personne atteinte de MPOX. Â
- Se laver les mains avec de l’eau et du savon ou utiliser un désinfectant pour les mains s’il n’y a pas de savon. Â
Que faire si vous êtes infecté ou si vous soupçonnez une infection au Mpox ? Â
- Consultez immédiatement un médecin. Â
- Isolez-vous pour éviter de propager le virus. Â
- Suivez les conseils du médecin et en cas de mise sous traitement prenez correctement les médicaments. Â
- Informer vos proches afin qu’ils surveillent leur état de santé ou fassent un dépistage. Â
Que faire si vous avez été en contact avec une personne infectée ? Â
- Surveillez votre état de santé pendant 21 jours. Â
- Recherchez des symptômes tels que des éruptions cutanées, la fièvre, les courbatures, les adénopathies... Â
- Consultez un médecin si les symptômes sont présents. Â
- Éviter les contacts avec d’autres personnes durant cette période. Â
Comment se traite l’infection au Mpox ? Â
Le traitement est essentiellement symptomatique : réhydratation, soins dermatologiques, antiseptiques à visée de prévention des surinfections cutanées, antibiothérapie des surinfections cutanées et pulmonaires, traitement des complications et des maladies sous-jacentes. Â
Le ciclofovir intra-veineux a montré son intérêt dans le traitement des formes graves d’infections à MPV. Mais son coût est élevé et il existe un risque de néphrotoxicité. Â
Il existe des vaccins dont l’efficacité est plus importante s’ils sont administrés avant exposition. Â
L’infection au Mpox est une infection généralement bénigne, endémique dans certaines localités d’Afrique. L’inquiétude actuelle est liée à l’apparition soudaine de cas dans plusieurs pays et la découverte d’une souche plus virulente et plus transmissible. L’infection a été déclarée urgence sanitaire par l’agence de santé africaine. Il est de ce fait important pour les FAB de mettre en place un plan de préparation à la riposte. Â
Med-LCL CHOKKI Aurel Â
Médecin dermatologue des armées / CNHU-HKM